Emelyne Salles
Un désir de Joaillerie
Mes projets en Joaillerie
Diplôme National des Métiers d’Art et du Design: mention objet spécialité luxe et innovation
Produits d’exception et technologie en Haute Joaillerie
Dans cette rubrique vous pourrez découvrir les débuts de mes projets réalisés durant ma première année en joaillerie. Ainsi que ceux réalisés en deuxième année.
COSMOGONIE
Deuxième partie du projet : la manchette
On vous demande de réaliser, dans la même dynamique cosmogonique que la collection de bague : une manchette de haute joaillerie. Ces bracelets, témoigneront comme pour les bagues d'une naissance et d'une éclosion minérale. Les premières gemmes seront protégées d'une gangue jusqu'à être révélées au grand jour dans leur plus bel éclat.
Vous pourrez exploiter une autre idée issue de vos expérimentations cosmogoniques sans forcément être dans la même ligne que votre série de bague cosmogonique.


Gouaché et mise au net en cours de réalisation
Première partie du projet : Collection de bagues
Fruit à coque est un titre chimérique pour un thème qui s'inspire de la botanique sans pour autant traduire une réalité ou une vérité. Il aurait pu être une question d'enfantement, de mise bas, de chrysalide, de géode minérale. Au centre le germe, le trésor serait une ou plusieurs gemmes taillées ou polies. S'il était mûr, il viendrait à s'échapper de son cocon protecteur. L'enveloppe protectrice, l'écrin serait métallique. Sa force, à l'état première serait assez couvrante et massive sans négliger son élégance de manière à ce que la luminosité du gemme traverse cette gangue sitôt frappée par la lumière.
Le mot d’ordre sera « contraste » entre le gemme et son enveloppe. Contraste de matières, de masses, d’états de surfaces, de couleurs. Le projet se déclinera sous la forme d’une collection composée d’au moins trois bagues. Chacune sera pensée comme une pièce indépendante, pouvant être portée seule sur un même doigt et affirmer sa présence. Elles pourront également être associées entre elles, soit superposées, soit disposées dans une continuité sur plusieurs doigts de la main. Cette modularité permettra de créer différents jeux de volumes et de rythmes, renforçant le dialogue entre le gemme et son écrin, ainsi que l’idée d’évolution et de transformation au cœur du thème.




Mon projet :
Physalis – Trilogie d’Or
Tout commence par une coque.
Une enveloppe végétale, solide, qui renferme un cœur précieux, un noyau porteur de vie, chargé de promesses. De cette première forme naît l’idée d’un monde intérieur, d’une énergie protégée. Les fleurs spiralées, les nervures du physalis et les formes qui s’ouvrent lentement tracent un langage naturel, où chaque ligne raconte un mouvement animé par un souffle vivant.
Au centre de ma recherche se trouve le mouvement.
Non pas un motif, mais une force vivante. Qu’elle soit lumière ou vibration, elle façonne la matière, la fait respirer, la plisse comme une membrane sensible. Inspirée par la Grande cloche ouverte de Charlot & Cie ou par les plis fluides des sculptures en verre de Murano, j’imagine le métal onduler, se déployer, se resserrer autour d’un centre lumineux, comme si un souffle intérieur l’animait.
De cette dynamique naît un ensemble de trois bagues.
Un triptyque pensé comme une cosmogonie intime : trois formes qui dialoguent, se complètent, s’enveloppent. Les deux bagues extérieures jouent le rôle de coques protectrices. Leurs volumes arrondis et semi-clos s’inspirent de l’atmosphère recueillie du fauteuil confessionnal, qui crée un espace clos, doux, presque sacré autour du corps. La bague centrale reprend, quant à elle, la fluidité lumineuse des sculptures de Michela Cattai : un volume qui semble se plisser autour d’un centre, laissant deviner la pierre qu’il abrite.
Le bijou devient ainsi une petite architecture du vivant : un mouvement ondulant figé dans le métal, une matière qui s’ouvre et se referme, une forme protectrice qui laisse filtrer la lumière.
Une cosmogonie miniature où chaque bague est une strate, un souffle, une pulsation du même récit.
Cette collection de bagues, intitulée Physalis – Trilogie d’Or, s’inscrit dans la continuité des créations de Marie Lichtenberg, qui imagine des bijoux comme des talismans intimes. Chez elle, chaque pièce est pensée pour révéler un secret, un fragment de soi que l’on porte contre la peau. Ses bijoux ouvrent une parenthèse, comme une petite boîte symbolique où se glisse une histoire, un souvenir ou une émotion.
Physalis – Trilogie d’Or prolonge cette idée d’un trésor caché, d’un cœur protégé par des couches fines et précieuses, invitant à un geste de découverte.
L'ART DÉCO ou exposer la modernité / un bijou-ornement
L'année 2025 est marquée par le centenaire de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui s'était tenue à Paris. Le musée des Arts décoratifs met ainsi à l'honneur l'Art Déco et organise une série d'événements pour célébrer la mode, l'art et le design français: exposition du centenaire de 1925, exposition Jacques-Émile Ruhlmann, rétrospective Paul Poiret, réaccrochage des salles Art Déco, journée d'étude et pour clore le tout, un grand bal, le 6 juillet. Ce premier bal du MAD, héritier des fêtes mythiques du Château de Versailles ou de l'Opéra Garnier, promet d'être un évènement d'envergure sous la direction artistique de Sofia Coppola. À l'instar du MET Gala présidé par Ana Wintour au Metropolitain Museum of Art, cette soirée caritative a pour ambition de lever des fonds pour soutenir le Musée des Arts décoratifs et ses collections.
La fête sera suivie d'un évènement ouvert aux talents des écoles de design et de mode, et c'est dans ce cadre qu'il vous est demandé de créer une parure de bal, en revisitant des bijoux typiques des Années folles, le sautoir et le bracelet manchette.



Mon projet :
Le sautoir et la manchette du projet Arcadia reposent sur un dialogue entre lignes organiques et éléments précieux, construisant une esthétique à la fois fluide et structurée. Le design puise son inspiration dans des formes naturelles, enrichies par des détails précis qui accentuent les oppositions de texture, de matière et de couleur.
Le sautoir s’articule autour d’une chaîne fine en câble torsadé, qui apporte à la fois légèreté et tenue, assurant un tombé fluide tout en maintenant l’équilibre du bijou. En haut de la composition, une perle d’Australie cuivrée, fixée par un fil d’or discret, apporte une note chaleureuse et élégante à l’ensemble. Elle s’harmonise avec le reste du bijou, créant un contraste délicat avec l’émail vert qui l’accompagne. Le motif principal est composé de formes naturelles en émail vert, associées à des grenats spessartite orange, tous montés en serti clos. Cette organisation met en valeur les couleurs et les volumes tout en assurant une cohérence visuelle. Le contour en fil d’or, qui apporte une légère surépaisseur, donne de la légèreté à la pièce, tandis qu’une zone pleine en or sous les spessartites joue sur l’alternance entre plein et vide, accentuant la brillance des pierres et la richesse des matières.
Le sautoir se prolonge par un enchaînement de pierres, mêlant morganites roses et topazes Swiss Blue, elles aussi en serti clos. Cette disposition asymétrique accentue le mouvement et la légèreté de la pièce. Le bijou est ajustable grâce à un nœud d’Héraclès coulissant, qui permet de moduler la longueur selon les envies.
La manchette, en écho au sautoir, reprend les codes esthétiques de la collection en intégrant les mêmes matériaux et contrastes : le fil d’or dessine les contours, les pierres sont serties en clos, et les formes ajourées dialoguent avec des zones pleines pour souligner le volume du poignet. Elle est conçue pour épouser naturellement la forme du bras, en combinant des lignes droites avec des formes plus souples et arrondies. Cette alternance crée un jeu d’équilibre entre solidité et légèreté, qui donne au bijou une présence discrète mais affirmée.
Chaque élément est pensé pour s’harmoniser avec les autres, apportant à la fois rigueur dans la structure et fluidité dans le mouvement. Le résultat est une pièce qui semble presque suspendue, légère au regard, tout en restant bien ancrée au poignet.
Architecture & jewelry / un bijou-espace
Une passionnée d'architecture et de design vous sollicite pour la création d'un bijou reflétant ses goûts et aspirations. Cette esthète a étudié à l'Ecole du Louvre et est particulièrement sensible à l'architecture contemporaine. D'ailleurs elle habite à Boulogne-Billancourt une époustouflante Maison connectée conçue par les architectes Jacob+MacFarlane. Située à deux pas de célèbres bâtisses signées par les chantres du modernisme que sont Le Corbusier et Robert Mallet-Stevens, cette demeure détonne, dans ce quartier chic du début du siècle dernier.
Le bijou en question s'inscrira dans le champ d'une Haute joaillerie d'auteur. Il s'agira d'une bague en or, la bague qui se veut aussi grosse que l'architecture, invite empruntant non sans une pointe d'humour et de dérision à une fable de la Fontaine.

Réalisation en modélisation sur 3Design




Mon Projet :
Mon projet de bague repose sur un jeu de formes géométriques, structurant une esthétique contemporaine et architecturale. L’ensemble de la composition s’articule autour de volumes cubiques et rectangulaires, créant un équilibre entre rigueur et dynamisme.
L’élément principal est constitué de trois cubes superposés, chacun accueillant deux pierres en serti masse. Ce travail de superposition génère du relief et une impression de structure affirmée, donnant à la bague une présence sculpturale marquée. Le serti masse permet d’intégrer les pierres avec fluidité dans le métal, renforçant l’unité de l’ensemble tout en jouant sur les contrastes de texture.
Dans le prolongement de cette construction géométrique, une surface rectangulaire s’étend sur les doigts, accompagnant naturellement leur courbe. Cet élément est orné de trois pierres cabochons qui viennent enrichir la composition d’une touche plus organique, apportant une dualité entre rigueur et douceur. L’extension de la bague au-delà du simple anneau crée une interaction unique entre le bijou et la main, transformant la manière dont il est perçu et porté.
L’utilisateur peut choisir l’orientation de la bague en fonction de son intention. Portée avec les pierres tournées vers l’intérieur, elle devient un bijou intime, presque talismanique, comme une protection personnelle. Lorsqu’elle est orientée vers l’extérieur, elle révèle toute sa force expressive et graphique, exposant pleinement l’agencement des volumes et l’éclat des pierres.
Pensée pour être portée au majeur ou à l’annulaire, cette bague s’adapte à la gestuelle et au style de chacun. Son caractère modulable et ses différentes possibilités d’appropriation en font une pièce à la fois architecturale, évolutive et profondément contemporaine.
Érik Satie et le dialogue entre les arts / un bijou hommage
En vue de la commémoration en 2025 des 100 ans de la disparition d'Érik Satie, "le seul musicien qui avait des yeux" selon Man Ray, vous êtes invités à développer un bijou de couture pour une grande maison qui souhaite lui rendre hommage. Ainsi vous proposerez un collier de chien pour lequel vous chercherez une correspondance avec la musique d'Érik Satie, et avec son oeuvre de façon plus large.
Ce bijou de défilé sera présenté entre autres lors de la Paris Fashion week en mars 2025, pour la Mode Féminine Automne/Hiver 2025-2026.
Cette joaillerie fine réalisée en petite série pourra potentiellement devenir un objet de collection ou un objet de musée.

Première hypothèse créative en liant avec l'oeuvre d'Érik Satie : "trois morceaux en forme de poire"

Choix et développement de la première hypothèse

Deuxième hypothèse créative en imaginant un motifs rassemblant tous les accessoires d'Érik Satie

Réalisation à l'atelier
Mon Projet :
III PYRUS MUSICALES
En alliant la Maison de Couture Schiaparelli à l’univers d'Erik Satie pour concevoir un collier de chien, on fait référence à ce pianiste français célèbre pour ses compositions liées à des mouvements artistiques tels que le surréalisme et le dadaïsme. Musicien excentrique au sens de l'humour décalé, Satie laisse transparaître sa folie à travers les titres insolites de ses œuvres.
Ce choker joue sur différentes formes, avec une extravagance assez marquée. Cela permet de mettre davantage en avant les formes du collier de chien afin qu’elles puissent ressortir et rappeler ce côté un peu décalé que pouvait avoir Satie.
L’inspiration de la plaque du collier provient d’une de ses œuvres :“les trois morceaux en forme de poire”. Cette composition est un recueil de sept pièces. Il préféra unir au sein de ce recueil deux chiffres aux vertus symboliques, le 3 évoquant le nombre de Morceaux proprement dits : une Manière de commencement, une Prolongement du Même, un En plus et une Redite. Et 7 le nombre total de pièces composant ce recueil, montrant une symétrie parfaite de l’ensemble.
Les éléments principaux de la plaque sont donc en référence à cette partition en jouant sur trois tranches de poire de tailles différentes. A l’aide de plusieurs tests réalisés sur de vraies tranches de poire, l’idée a été de garder les aspérités et défauts tels qu’ils sont, afin d’avoir un rendu réaliste. Chacune des tranches sont superposées l’une au-dessus de l’autre afin d’avoir un espacement plus ou moins important entre chaque, pour laisser passer la lumière et donner du relief et du volume à la pièce.
Sur la tranche du milieu apparaît le repercé afin que celui-ci se reflète sur la tranche du dessous mais qu’il puisse être également aperçu vu de haut. La tranche du dessus est creusée au centre en y ôtant les pépins présents sur une poire, afin d’apercevoir sous différents angles le repercé.
Au final ce choker devient bien plus qu’un simple accessoire : il est une véritable œuvre d’art, à l’image de l’œuvre musicale de Satie, où l'humour, la forme et la subversion se rencontrent pour célébrer l’unicité et l’audace créative.